Le FC Villepinte (FCV) va-t-il disparaître ? Un symbole Villepintois sur le point de s'éteindre

Symbole sportif de Villepinte et club formateur de talents comme Alou Diarra et Randal Kolo Muani, le FCV vit une descente aux enfers. Gestion contestée, promesses envolées et subventions coupées : le club fanion de la ville est aujourd’hui menacé de disparition.

La Rédaction Villepinte Infos

8/26/20253 min read

Dix ans de gestion calamiteuse, promesses non tenues et subventions envolées : le Football Club de Villepinte, berceau de talents comme Alou Diarra, Randal Kolo Muani ou encore Han-Noah Massengo, n’est plus que l’ombre de lui-même. Le club fanion de la ville vit peut-être sa dernière saison.

Une chute vertigineuse

Comment ce club, autrefois fleuron de la Seine-Saint-Denis, a-t-il pu connaître une telle descente aux enfers ? Subventionné à hauteur de 135 000 euros il y a encore quelques années, le FCV ne bénéficie plus d’aucun soutien financier de la municipalité en 2025. Un signe fort : si le club semble survivre en brûlant ses dernières ressources, il paraît peu probable que cette situation dure encore longtemps.

Depuis près de dix ans, la gestion du coordinateur technique, Stéphane Tedga est pointée du doigt. Sa direction, jugée autoritaire et opaque, a découragé de nombreux parents d’inscrire leurs enfants. À l’échec éducatif s’ajoute un échec sportif cuisant : là où certaines équipes du FCV évoluaient au niveau régional, voire national au début des années 2000, le club végète aujourd’hui dans les divisions de district, loin de ses ambitions passées.

Des promesses non tenues

Lorsque Stéphane Tedga avait repris les rênes du club, il avait mis en avant l’implication annoncée de Serge Aurier, l'ancien joueur de Villepinte et du Paris-Saint-Germain. Si ce dernier aurait contribué à éponger une partie des dettes du FCV, il n’a jamais véritablement pris part à la vie du club, laissant ses promesses d’investissement sans suite visible. Les Villepintois n’ont jamais vu Aurier remettre les pieds au stade Georges Pollet.

La rupture avec la Ville

Le communiqué publié le 25 août par la municipalité acte la rupture. La Ville de Villepinte accuse les dirigeants de « prendre en otage les familles » et dénonce des faits graves, allant jusqu’à saisir les autorités après l’intrusion de Stéphane Tedga au stade Guy Mousset. Dans le même temps, la mairie confirme que le club n’a même pas déposé de demande de subvention en 2025.

Mais ce qui interroge, c’est la déclaration de la municipalité affirmant n’avoir “aucun contact” avec le club depuis des mois. Un aveu surprenant et inquiétant : comment une ville peut-elle laisser se couper le lien avec son club historique, jadis vitrine sportive du territoire ?

L’ombre des Flamboyants

Difficile d’évoquer la situation du FCV sans parler des Flamboyants, autre club de la ville. Fondé et présidé à ses débuts par Max Maran, adjoint au maire en charge des Sports et de la Jeunesse depuis 2014, le club est aujourd’hui considéré comme le principal rival du FCV. Depuis l’arrivée de Maran aux responsabilités municipales, le soutien financier aux Flamboyants s’est accru, tandis que celui au FCV s’est réduit.

Les mauvaises langues y voient une explication directe aux résultats sportifs en progression des Flamboyants. D’autres estiment que ce soutien est mérité, au regard du travail éducatif et social mené par le club, où l’on peut citer des initiatives originales comme leurs ateliers de philosophie et de sensibilisations à l'environnement pour les jeunes licenciés, surprenants mais unanimement salués.
Salarié de la ville et détaché une partie de son temps de travail pour intervenir dans l'association, l'homme fort du club basé au centre sportif André Mariage, Cyril Kouassi fait un travail de qualité salué par tous tant sur l'aspect sportif que dans la coordination éducative.

Un symbole en train de s’éteindre

Pourtant, le FCV reste une institution. Pendant des décennies, il a fait briller Villepinte et permis à des talents comme Alou Diarra, Randal Kolo Muani et bien d’autres de lancer leur carrière. Aujourd’hui, voir ce symbole s’effacer suscite une profonde tristesse.

Beaucoup s’interrogent : comment en est-on arrivé là ? Comment un club aussi enraciné, soutenu financièrement et socialement par la Ville, a-t-il pu sombrer ainsi, sans qu’un véritable dialogue n’intervienne plus tôt entre les dirigeants et les institutions ?

Si la fermeture du FCV se confirme, ce sera la fin d’une histoire qui a marqué des générations de Villepintois, et un vide immense pour le sport local. Espérons que les dernières heures de règne de Martine Valleton ne soient pas marquées par la disparition d’un tel symbole.